Histoires de randonnées "per los chamins de Perigord"

Quelques mots à connaitre

 Pour vous accompagner dans vos premiers pas en Occitan, Martial Peyrouny, professeur d’Occitan et animateur de l’émission « meitat-chen-meitat-porc » sur France Bleu Périgord nous délivre avec humour quelques aspects du vocabulaire et de la culture Périgourdine.

« Quò vai ? »  (prononcé [co vaï / co baï]). Littéralement : ça va ?

Voici le Sésame pour entrer en Périgord comme on entre en religion. Ici nous disons « Quò vai ?» vingt fois par jour, juste pour dire bonjour. Bien sûr pour les perfectionnistes, il est possible de le combiner avec « adiu ». En revanche, il n’est pas nécessaire de répondre en détails à cette question, surtout si cela ne va pas. Non contentez-vous de répondre à la limite par un « quò vai ben » (ça va bien) qui montrera à votre interlocuteur que vous connaissez le code local !

« Ai set », »  (prononcé [aï chè]). Littéralement : j’ai soif

Après une randonnée, si vous entrez dans un bar et que vous dites juste « ai set !». Vous risquez fort de vous faire sortir. Dites plutôt « ai set, seriá possible de beuvre un còp ? » (prononcé [aï chè, chério pochible dé bewre u’n co ?])- littéralement : j’ai soif, serait-il possible de boire un coup ? Alors là c’est gagné. « Beuvre un còp », tout le monde comprend ce genre de syntaxe en Périgord. Il se pourrait même que les autochtones heureux de voir que vous parlez la langue vous offrent un coup à boire.

« Ai fam », (prononcé [aï fom]). Littéralement : j’ai faim ?

Suivant les heures nous disons aussi « ai talent » (prononcé [aï tolein]). Chez nous, nombre des anciens dînent à midi, et soupent le soir. En effet en occitan « desjunam, disnam e sopam » (prononcé [dèijunam, dinam, soupam]-littéralement : nous déjeunons, nous dînons, nous soupons. Maintenant, nombreux sont ceux qui un peu perdus suite à l’influence linguistique française se retrouvent à déjeuner matin et midi et à souper le soir.

« ‘Chabatz d’entrar !» (prononcé [soba d’eintra])- littéralement : finissetz d’entrer.

Dans le sud du département vous entendrez plutôt « acabatz d’entrar !», mais le sens est le même, c’est une invitation sans appel : entrez donc ! Je crois que c’est la un des idiomatique (mais non ce n’est pas un juron) les plus révélateur de l’esprit du peuple périgourdin. Ici, la table est ouverte et on y trouve souvent à attablé pour le repas du soir quelqu’un qui n’était pas prévu, « un minja que passa » (prononcé [u mi’nzo qué pacho])- traduisez : un pique-assiette.

« Adiu » (prononcé [adiw]). Littéralement adieu.

Le périgourdin dit « adiu » pour dire bonjour et au revoir.

Si un autochtone vous dit adieu au moment de vous quitter n’y voyez rien de définitif. Dans le cas présent le Périgourdin se contente seulement de vous dire « à la prochaine fois ». C’est peut-être là un vieux fond chrétien, où notre peuple de Croquants habitué à la misère a ainsi voulu se mettre en permanence sous la protection Divine.