Histoires de randonnées "per los chamins de Perigord"

Histoires et légendes

La « vieille » ou « la Bérane »

Savez-vous pourquoi en Périgord, les enfants, (los « goïassons » en Occitan), ne s’approchent pas des puits, des trous d’eau ou des rivières ? Pour une simple raison : les anciens leur ont dit que tout au fond du puits ou du trou d’eau se trouvait une méchante Bérane (d’autres parlent plus simplement d’une vieille…) qui peut sortir d’un seul coup de l’eau, attraper l’enfant qui s’est approché trop près, et l’amener au fond de l’eau pour le noyer…

 

Le lébérou, un monstre célèbre en Périgord

Le lébérou vu par Maurice Albe

Le lébérou vu par Maurice Albe

Dans le bestiaire Périgourdin, le Lébérou est sans aucun doute celui qui est le plus populaire en Dordogne. Personne maudite ou ayant fauté, elle devient mi-homme mi-bête, et doit pour se libérer de ce sort, passer devant 7 fontaines ou 7 chapelles avant que le jour ne se lève. Souvent très fatigué par ses course nocturnes, le Lébérou saute sur le dos des passants qui doivent le porter jusqu’au matin. Si les 7 fontaines n’ont pas été visitées au lever du jour, le Lébérou reste Lébérou et la personne qui le porte le devient à son tour.

S’il se retransforme en humain la journée, le Lébérou est quand même reconnaissable : il serre la main la paume tournée vers le bas.

 

 

 

 

 

 

                                                                                 

Le Coulobre, la terreur des bateliers

Le_Coulobre

Tapisserie de l’église de Beaumont du Périgord représentant Saint Front face au coulobre

Il y a longtemps, alors que le canoë n’avait pas encore fait son apparition sur les berges de la Dordogne, les bateliers descendaient les marchandises jusqu’à Libourne et Bordeaux sur des bateaux à fond plat. Un passage sur la rivière était évoqué avec beaucoup de craintes : le « Saut de la Gratusse » à Lalinde.

En effet, un monstre gigantesque, le coulobre (couleuvre en Oc) y faisait chavirer les embarcations et dévorait les bateliers, mais également les lavandières, les pêcheurs…

Les habitants terrorisés firent appel à Saint Front, qui, après un combat épique, tua le coulobre. Ce dernier, en chutant depuis la falaise jusque dans l’eau, provoqua une crue historique de la rivière! Reconnaissants, les habitants de Lalinde firent ériger une chapelle, Saint Front de Coulubry, encore visible de nos jours sur les hauteurs de Lalinde.

Si vous passez vers Lalinde en canoë, faites comme les bateliers quand leur bateau passait sous la chapelle: faites silence… de peur que le coulobre se réveille…

De nos jours, le coulobre est devenu l’emblème d’EPIDOR, un établissement public regroupant les six départements traversés par la Dordogne (Puy de Dôme, Cantal, Corrèze, Lot, Dordogne, Gironde). EPIDOR agit pour conserver la qualité patrimoniale de cette rivière et de son bassin, désormais classé « réserve mondiale de biosphère » par l’Unesco.

 

Les arbres de mai

Arbre_de_mai_Dordogne

Un « mai » planté suite à une élection

Après une année d’élection, on aperçoit souvent dans les communes des pins dressés contre un mur, décorés des pieds aux houppes de drapeaux, couronnes et d’un panneau « honneur à … ». Il s’agit de « mais », plantés pour fêter les nouveaux élus… Ce rite, survivant d’une tradition séculaire liée au renouveau a lieu généralement au début du mois de mai, avec quelques variations : en Sarladais, on peut ainsi fêter une crémaillère, un patron, un retraité…

Plantés par les plus robustes des hommes présents, les pins sont ensuite fêtés lors d’agapes généreuses et bien arrosées !